Comment réaliser son premier cliché planétaire ?

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Dans ce premier article dédié à l’astrophotographie, je vais vous expliquer comment réaliser vos premiers clichés de vos planètes favorites. Suite à mes prises de Jupiter, je vais partager avec vous mes premières expériences dans ce vaste domaine que représente la photographie du ciel.

Mais avant d’aborder le vif du sujet, pourquoi parler uniquement d’astrophotographie planétaire ? Si vous avez lu mon article “que faire en astronomie”, vous savez alors qu’il existe deux types d’objets observables dans le ciel : les objets dits planétaires et les autres, ceux du ciel profond. Pour chaque catégorie, il faut le matériel adéquat et même si en astronomie la polyvalence existe, elle a un coût… Surtout si la qualité est au rendez-vous ! C’est pourquoi nous allons y aller en douceur et débuter par l’immortalisation des astres de notre système solaire.

Que vous exerciez en ciel profond ou en planétaire, l’avantage est que vos compétences acquises durant votre pratique en astrophoto vous serviront dans ces deux catégories à la fois. Vous serez donc gagnant à long terme si vous décidez d’en changer.

Enfin, trêve de bavardage… Dans la joie et la bonne humeur, commençons par les rudiments !

Avec quel matériel puis-je me lancer ?

A vrai dire, avec pas grand-chose… Enfin, en partant du principe que vous pratiquiez déjà l’observation avec un instrument astronomique !

Lunette ou télescope ?

Peu importe, ce qu’il nous faut en planétaire est un instrument capable de grossir un maximum tout en ayant une bonne résolution, mais pourquoi ?

A l’œil nu dans le ciel nocturne, les étoiles lointaines et nos planètes voisines se ressemblent à un détail près : ces dernières ne scintillent pas. Du fait de leur proximité avec la Terre, il vous suffit de pointer un instrument à fort grossissement afin de démasquer leur identité. Pourtant, vous aurez beau avoir le meilleur grossissement du monde mais, sans une bonne résolution, dites adieux aux multiples détails en surface de nos belles planètes… Inutile de s’acharner sur la mise au point de votre instrument, la netteté de votre image ne changera pas. Avoir une bonne lunette ou un bon télescope pour photographier nos planètes est une priorité !

Si votre budget est serré, je vous conseille d’opter pour un télescope : à diamètre égal, il vous reviendra moins cher qu’une lunette. Pour vous orienter plus facilement, quelques références en matière d’instrument planétaire sont à votre disposition à la fin de cet article.

Pour profiter pleinement de nos planètes en astrophoto, votre tube devra avoir:

  • Le plus gros diamètre possible
  • Un fort grossissement
  • Une bonne résolution

La monture qui va bien !

Bien évidemment, le tube optique ne fait pas tout… Bien qu’il soit la prolongation de votre œil, s’il n’est pas capable de suivre les objets célestes correctement, les photographier deviendra vite un enfer !

Cette notion de mécanique céleste est importante à prendre en compte lorsqu’on veut immortaliser le ciel et ses habitants. Vous n’êtes pas sans savoir que la Terre tourne à la fois sur elle-même et autour du Soleil. En plus de ce mouvement, rajoutez le fait que votre instrument grossisse l’image que vous observez. C’est un peu comme si, assis dans un manège tournant, vous regardiez un objet dans une paire de jumelles : il devient très difficile de le suivre…

Rotation de la Terre

En astrophotographie planétaire, la monture motorisée n’est pas indispensable si vous souhaitez pratiquer occasionnellement. Vous en baverez, j’en conclus, mais vous obtiendrez tout de même de belles images avec un peu de patience et de dextérité. Cependant, il est clair que pour tout autre usage dans le domaine de la photographie céleste, une monture motorisée deviendra obligatoire !

Que ce soit pour du planétaire mais surtout pour le ciel profond, investir dans une bonne monture assez robuste pour supporter le poids du tube, celui de l’appareil photo ainsi que votre attirail devient plus qu’une nécessité. La monture équatoriale offre également un suivi beaucoup plus précis qu’une autre du type azimutal, ce qui en astrophoto est un atout de taille.

Pour perdurer dans ce domaine, votre monture devra être :

  • Robuste
  • Equatoriale
  • Motorisée

Une webcam… Ah bon ?

Oui, une simple webcam trafiquée fera l’affaire ! Celle de votre ordinateur peut remplir ce rôle à merveille, vous aurez juste besoin de l’adapter à votre porte-oculaire. Si toutefois vous souhaitez investir dans du matériel dédié astronomie, il existe toutes sortes de caméras prévues à la capture du ciel nocturne.

Qu’ont-elles de plus ? Un capteur plus sensible à la lumière, une meilleure résolution, une cadence d’enregistrement plus élevée… Bref, vous avez le choix entre customiser votre webcam ou acheter directement une caméra dédiée à la course ! Après c’est à vous de voir, pour débuter je doute que cela face la différence.

Oui et alors, la webcam… ?

Venons-en au fait : pourquoi donc une caméra pour faire de la photographie ?!Caméra planétaire & Pellicule photo

Pour le comprendre, il faut connaître son principe de fonctionnement. La différence entre une caméra et un appareil photo est que celle-ci enregistre à une cadence régulière plusieurs images qui, misent les unes à la suite des autres créent un film. Plus la cadence d’enregistrement est élevée (plusieurs images par seconde), meilleure est la fluidité de la vidéo.

Lorsqu’on observe le ciel dans un instrument, il y a ce qu’on appelle des turbulences atmosphériques. Ces perturbations viennent déformer votre image, exactement de la même façon que la chaleur du goudron sur les routes en été ou celle d’un radiateur sous une fenêtre en hiver.

Le problème en planétaire est qu’il faut grossir votre image au maximum, comme expliqué plus haut. En faisant cela, les turbulences deviennent elles aussi plus importantes… Cependant, tout n’est pas perdu ! Etant aléatoire, ces perturbations offrent quelques moments de répit, se contant en millisecondes…

Afin de contrer ce phénomène indésirable, la caméra vient à notre rescousse ! Grâce à ce fabuleux outil, ces millisecondes de tranquillités sont enregistrées sur quelques images qui, à l’aide d’un logiciel, sont récupérées puis rassemblées… Ouf !

Les amateurs plus avancés dans ce domaine optent en général pour des caméras monochromes (en noir et blanc) car la sensibilité du capteur est plus élevée. Cependant, ces caméras sont un peu plus chères et pour colorer les images, des filtres sont à rajouter sur l’objectif.

Pour de bonnes images planétaires, votre webcam / caméra devra avoir :

  • Un grand nombre de pixels pour des images plus fines.
  • Une cadence d’enregistrement élevée (60 images par seconde ou plus).
  • Une sensibilité élevée du capteur pour les détails et contrastes.

Un ordinateur portable

Le numérique étant omniprésent, il est évident qu’à des fins astrophotographiques nous allons avoir besoin d’un ordinateur.

Le problème en planétaire est qu’une webcam ou une caméra ont besoin d’un logiciel afin d’être utilisées. A moins de posséder un fourgon de la CIA, le mieux sera d’emmener avec vous un ordinateur portable capable au minimum de s’occuper de l’enregistrement vidéo.

Pour le reste, c’est-à-dire du passage de la vidéo à l’obtention d’une sublime photo planétaire (phase du traitement numérique), vous pourrez le faire tranquillement chez vous. De nombreux logiciels spécifiques à l’astrophotographie sont en accès libre sur internet. Ils remplissent tous parfaitement leur rôle, votre choix se portera donc sur l’ergonomie de ces derniers.

Voici une liste des logiciels les plus utilisés en traitement astrophotographique, classés en par fonction :

Si cela vous intéresse, allez faire un tour sur “mon défi astrophotographie”. Je vous présente plus en détail ma liste d’équipements et de logiciels que j’utilise à des fins d’astrophoto planétaire.

Préparer son matériel

Vous avez maintenant ce qu’il vous faut pour photographier les planètes, mais ce n’est pas terminé ! Préparer sa soirée d’observation est aussi valable en astrophoto, je dirais même primordiale. La première fois que j’ai reçu ma caméra, je me suis jeté dehors avec mon télescope à la nuit tombée. Ce fut une soirée… catastrophique ! Des images noires, pixélisées et aucune planète sur mon écran… Bref, avant cela il faut tout bien paramétrer.

Se familiariser avec votre logiciel de capture

Je ne vais pas rentrer dans les détails, ce serait bien trop long. Une fois votre logiciel favori installé sur votre ordinateur, faites un essai en branchant directement votre caméra dessus sans la monter au télescope. Manipuler simplement les réglages afin d’obtenir une image nette.

Régler votre chercheur

Une fois que vous vous êtes familiarisé avec le programme, installez votre caméra dans le porte-oculaire ou au foyer (directement à l’arrière du tube optique) de votre instrument. Suivant l’endroit du tube que vous choisirez, il faudra régler le chercheur en fonction de cet emplacement.

Pour ma première expérience, j’avais réglé mon chercheur en fonction du porte oculaire et attaché ma caméra au foyer du télescope. Le résultat : j’avais beau pointer la planète, je ne la voyais pas sur l’écran de mon ordinateur…

Il est préférable de le faire de jour car les poteaux électriques ou les cheminées restent fixes, contrairement aux étoiles la nuit. Pour ce faire, cherchez un objet et centrez-le sur votre écran d’ordinateur en jouant avec votre monture. Faites ensuite la mise au point afin d’obtenir une image nette puis alignez la visée du pointeur sur ce même objet. Terminé !

Planifier son observation

Ici, rien de nouveau. N’oubliez pas de préparer votre séance d’astrophoto comme vous le feriez pour observer les étoiles. Si vous désirez en savoir plus, je vous conseille de lire ceci.

Une chose importante à ne pas négliger : chargez vos batteries avant de partir ! Si aucune prise électrique ne se trouve à proximité, il serait dommage de devoir tout remballer faute d’énergie…

Une fois sur place

Votre matériel est en place ? Votre instrument est en température ? Parfait !

Petit topo

Normalement, vous devez vous trouver dans la configuration suivante : instrument prêt à l’emploi, caméra fixée au porte-oculaire ou au foyer et branchée à l’ordinateur. Le logiciel de capture doit être en route. Bien, alors commençons !

Mise en station et alignement

Une mise en station est une procédure qui consiste à régler une monture équatoriale afin qu’elle suive le mouvement de rotation terrestre.

L’alignement, quant à lui, désigne le procédé informatique permettant de situer la machine par rapport à son emplacement et l’heure d’observation. Si votre monture est motorisée ou guidée par ordinateur, vous devrez entrer quelques indications comme l’heure, la date, votre emplacement et la position d’un ou deux objets célestes afin que le système de pointage automatique puisse s’enclencher. Vous n’aurez ensuite plus rien à faire et votre monture se chargera de trouver et suivre l’astre sélectionné.

Suivant votre monture, il faudra ou non procéder à ces réglages avant de commencer.

Faire la mise au point et… action !

Une fois que l’objet pointé apparaît sur votre écran d’ordinateur, faites la mise au point en tournant la molette de votre tube jusqu’à ce que l’image soit nette. Les turbulences vous donneront du fil à retordre, c’est normal. Sur votre logiciel de capture, réglez les paramètres à votre convenance jusqu’à ce que vous soyez satisfait de la mine de votre cible.

Action ! Activez l’enregistrement et ne touchez plus à rien ! Veillez tout de même à ce que votre objet reste sur votre écran, au risque de devoir rattraper les erreurs au montage.

Ça y est, vous y êtes presque ! Il ne vous reste plus qu’à mettre la touche finale à votre œuvre : la magie du traitement numérique va entrer en action.

Empilez votre vidéo

La dernière étape reste l’empilement des images rescapées de votre capture vidéo, celles qui ont échappé aux turbulences. Les logiciels comme RegiStax ou AutoStakker sont excellents, ils se chargeront de ce travail à merveille ! Voici ce qu’il est possible d’obtenir après quelques premiers essais :La Lune


Cet article traite une des façons d’exercer la photographie planétaire. Il en existe une multitude et il convient à chacun de faire son petit bout de chemin à travers les étoiles. Ceci-dit, voici un point de départ pour celles et ceux désireux de côtoyer nos planètes d’un peu plus près.

En complément, n’hésitez pas à lire mon article sur “mon défi astrophotographie”, peut-être vous inspirera-t-il ! Vous y trouverez des explications sur la manière dont je m’y suis prit afin d’embellir mes clichés et leur donner plus de profondeur.

N’oubliez pas de partager celui-ci ! 😉

Et surtout, restez curieux.

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