Que voit-on dans le ciel d’automne ?

L’automne approche, ce qui est synonyme de changement pour pas mal de choses ! La nature se prépare pour l’hiver et les couleurs chatoyantes ne tarderont pas à refaire surface. Les nuits deviennent de plus en plus fraîches et les curieux du cosmos ressortent pulls et couvertures afin de passer leurs prochaines soirées sous les étoiles. Mais alors, que peut-on observer dans un ciel d’automne ?

Eh oui, les saisons changent et le ciel avec ! C’est pourquoi j’espère que vous avez bien profité du ciel estival car la mécanique céleste va se charger de la suite. 😉 Armé d’un instrument ou en observant simplement à l’œil nu, voici quelques cibles à contempler et photographier dans l’hémisphère nord de septembre à décembre.

La galaxie d’Andromède [M31]

Située dans la constellation d’Andromède, la galaxie cataloguée M31 par Charles Messier est l’un des objets du ciel le plus lointain visible l’œil nu. Voisine de la Voie Lactée, galaxie dans laquelle nous nous trouvons, Andromède peut aussi être observée à l’aide d’une bonne paire de jumelles. En considérant la distance folle qui nous sépare et sans télescope, vous ne verrez qu’une tache lumineuse se détachant du reste du ciel.

Notre planète se situe quelque part dans la Voie Lactée…

Avec un instrument astronomique, vous pourrez contempler en détail la galaxie à condition de ne pas trop grossir l’image. Malgré sa distance de plusieurs millions d’années-lumière, le diamètre apparent de cette galaxie dépasse celle de la Pleine Lune. Si vous ne la percevez pas dans son entièreté, vous pouvez toujours utiliser un réducteur de focale ! Il réduira le grossissement de votre instrument et par la même occasion, il agrandira votre champ de vision.

Comment la trouver ?

Tout d’abord, il faut repérer la constellation d’Andromède. Cherchez le W de Cassiopée puis, en bas à droite de cette constellation, vous trouverez le carré de la constellation de Pégase. Ensuite, suivez les étoiles courant sur le manche à gauche du grand carré. Deux étoiles plus loin, vous êtes dans la constellation d’Andromède. Remontez doucement vers le haut et vous découvrirez M31, la galaxie d’Andromède.

Dans 4 milliards d’années, la galaxie d’Andromède entrera en collision avec la nôtre. Ça nous laisse encore largement le temps pour la contempler depuis notre ciel d’automne ! 😉

La nébuleuse d’Orion [M42]

Ce magnifique objet céleste, découvert une fois de plus par l’astronome français Charles Messier, est une nébuleuse située dans notre galaxie. Les nébuleuses sont nombreuses dans l’Univers et portent souvent le titre de “pouponnière céleste” car les étoiles naissent à l’intérieur. Excités par les rayonnements et la chaleur des étoiles à proximité, ces gigantesques nuages de gaz réagissent comme des néons et émettent toute sorte de couleur en fonction du gaz qu’ils contiennent.

Vous la devinerez facilement à l’œil nu, par temps clair et sans pollution lumineuse. Néanmoins, il vous faudra un télescope de 130 mm de diamètre au moins afin de la voir correctement. Dès lors, vous serez en mesure de distinguer sa teinte verdâtre mais sachez que la couleur perçue peut varier selon le diamètre de votre instrument. Dans un télescope de 400 mm de diamètre par exemple, le rose et le rouge prédominent car l’instrument récolte plus de lumière.

Comment trouver la nébuleuse ?

A mon sens, la nébuleuse d’Orion est la plus facile à repérer de toute et devinez quoi ? Celle-ci se trouve dans la constellation d’Orion ! 😉

Début septembre, la constellation d’Orion se lève très tôt le matin. Donc si vous ne voulez pas l’attendre toute la nuit, patientez jusqu’en novembre. Pour la repérer, il vous suffit de trouver la Grande Ourse puis de longer l’horizon vers la droite. Vous tomberez dessus et la reconnaîtrez aux trois étoiles brillantes alignées formant la ceinture de la constellation.

Comme pour la galaxie d’Andromède, évitez les forts grossissements si vous souhaitez voir la nébuleuse en entier. Cependant, si vous changez votre oculaire pour un autre plus petit, donc à plus fort grossissement, vous pourriez observer les quatre étoiles formant un trapèze au centre de la nébuleuse !

L’amas d’Hercule [M13]

L’amas d’Hercule est un groupe d’étoiles amassées situé à l’extérieur de la Voie Lactée. Tout comme les nébuleuses, les amas d’étoiles sont nombreux dans l’Univers et fascinent par leur mystérieuse tendance à défier les théories astrophysiques. Il en existe deux types :

  • les amas ouverts
  • les amas globulaires

Celui d’Hercule est un amas globulaire, beaucoup plus dense en étoiles que son confrère. En règle générale, les amas ouverts se trouvent à l’intérieur des galaxies tandis que les globulaires “flottent” autour de ces dernières.

Vu d’ici, l’amas d’Hercule paraît grand. En réalité, il est 800 fois plus petit que la Voie Lactée.

Aux jumelles, l’amas d’Hercule se distingue déjà d’une simple étoile. Mais c’est dans un télescope de 100 mm de diamètre que vous serez en mesure de discerner l’aspect floconneux de l’amas. A une telle distance de la Terre, il serait impossible d’observer une étoile seule mais, comme nous le disons si bien, l’union fait la force ! Concentrée au milieu de l’espace, l’intensité lumineuse de l’amas devient assez puissante afin d’être perçue.

Cette fois, n’ayez pas peur de grossir ! Vous obtiendrez un piqué d’étoiles magnifiques au centre de l’objet. Cependant, le tout se jouera sur le diamètre de votre instrument : plus il sera grand, plus l’amas sera lumineux. 😉 Dans un diamètre de 400 mm, l’image est à couper le souffle !

Où est-il dans le ciel d’automne ?

L’amas d’Hercule s’observe de mars à novembre, ce qui vous laisse le début de l’automne pour le découvrir si ce n’est pas fait. Dans un ciel bien sombre, vous trouverez l’amas entre les étoiles η (Êta) et ζ (Zêta) de la constellation d’Hercule. En partant de la Grande Ourse, cherchez la constellation de la Couronne Boréale plus loin vers la gauche. Ensuite, remontez jusqu’à tomber sur la constellation d’Hercule.

En 1974, un message destiné aux hypothétiques habitants de M13 fut envoyé par onde radio. C’est en 26 974 qu’il parviendra à destination…

Le double amas de Persée [NGC 869/884]

Charles Messier ne l’a pas catalogué, dommage car ces deux amas ouverts portent maintenant les noms barbares de NGC 869 et NGC 884. Les perspectives sont souvent trompeuses car ces amas ne sont pas aussi proches l’un de l’autre : NGC 884 est en effet plus éloigné de la Terre que son “voisin”, NGC 869. Constitués de jeunes étoiles, reconnaissable par leur éclatante couleur bleue, le double amas de Persée est un pur régal pour les yeux !

Les halos bleutés autour des étoiles sont des résidus de gaz ayant servi à leur création.

Ici, la paire de jumelles est agréable à utiliser car cet objet céleste est assez étendu. A la lunette ou au télescope, veillez à utiliser de faibles grossissements car l’amas risque de sortir du champ de vision. Les diamètres d’au moins 200 mm commenceront à percevoir les halos bleus autour des étoiles les plus brillantes. Ce flou lumineux trahit la présence de gaz n’ayant pas encore été absorbés par les étoiles, ce qui témoigne également de leur jeune âge.

Comment trouver le double amas de Persée ?

Observable toute l’année, il est préférable d’attendre l’automne car l’amas est plus haut dans le ciel. Cette position reste beaucoup plus favorable à l’observation car les objets sont mieux contrastés dans le ciel nocturne.

Trouver ce double amas n’est pas bien compliqué. Pour ce faire, il vous suffit de repérer la constellation de Cassiopée, l’amas se trouve juste en dessous. Si vous avez un doute sur la nature de votre cible, utilisez une paire de jumelles ! 😉

NGC, pour New General Catalogue, regroupe plus de 7 840 objets du ciel profond, ceux situés en dehors de notre système solaire. Complémentaire à celui de Messier, il regroupe les objets les plus connus des astronomes amateurs.

La galaxie du Triangle [M33]

Bien que plus lointaine qu’Andromède, la galaxie du Triangle est aussi visible à l’œil nu dans un ciel de campagne bien sombre. Elle appartient au Groupe Local rassemblant plus de 60 galaxies, parmi lesquelles Andromède et la Voie Lactée comptent également.

Derrière ces deux galaxies, elle est la troisième la plus massive de notre groupe. Magnifique aux jumelles et certainement plus dans un télescope, l’aspect de cette galaxie spirale demeure assez impressionnant.

Comment la trouver ?

Si vous savez facilement trouver la galaxie d’Andromède, alors celle du Triangle ne sera pas difficile à dénicher. 😉

Dans la constellation d’Andromède, trouvez l’étoile Mirach située à la jonction du bras d’Andromède. D’ici, la galaxie du Triangle est à symétriquement opposée à la galaxie d’Andromède.

Dans un télescope, vous discernerez sans doute les nombreuses nébuleuses que cette galaxie abrite. L’une d’entre elles, baptisée NGC 604, est la plus imposante de sa catégorie connue à ce jour. Sa taille atteint 40 fois celle de la magnifique nébuleuse d’Orion !

La nébuleuse de la Bulle [NGC 7635]

Cette splendide nébuleuse doit son nom à sa forme, une gigantesque bulle de gaz soufflée par les vents stellaires de son étoile brillante. La nébuleuse de la Bulle n’est pas une cible facile, en raison de sa faible luminosité et de sa petite taille apparente. Néanmoins, elle constitue un bon challenge pour un amateur souhaitant élargir ses découvertes ! 😉

Image prise par le télescope spatial Hubble pour son 26e anniversaire en orbite.

Dans un ciel dénué de toute pollution lumineuse, il vous faudra un télescope d’au moins 200 mm de diamètre afin de récolter un maximum de luminosité. Sa faible taille vous demandera également de grossir légèrement votre image.

Comment la trouver ?

Si l’observer n’est pas une mince affaire, c’est parce qu’il faut d’abord la trouver ! Tout est une question de clarté du ciel. 😉

En partant de la constellation de Cassiopée, trouvez celle de Céphée qui ressemble à une maison. Tracez une ligne imaginaire entre la dernière étoile du W de Cassiopée et celle formant le coin gauche en haut de la maison. Au milieu de ce segment, remontez légèrement. Il ne vous reste plus qu’à la cibler !

L’étoile brillante responsable des vents stellaires en haut à gauche de la bulle explosera en supernova dans quelques millions d’années…

Tiens, mais où sont passées les planètes ?

Vous l’avez sans doute remarqué, cette liste contient uniquement des objets du ciel profond. Pourquoi ? Parce qu’ils restent à leur place dans le ciel ! 🙂

Il faut savoir que les planètes de notre système solaire orbitent autour d’une étoile : le Soleil, facile non ? 😉 Ensuite, le manège continue à l’échelle galactique. Le Soleil, ainsi que tous les astres de notre galaxie, orbitent eux aussi autour de quelque chose : le centre de la Voie Lactée, un trou noir appelé Sagittarius A*. Des “comme lui”, il en existe un nombre incalculable. Ils sont sans conteste les objets les plus énigmatiques de l’Univers.

Je ne vais pas m’étaler ici sur les trous noirs mais pour faire court, ils résultent souvent de la mort d’une étoile. Celle-ci se concentre en un seul point et la gravité devient si puissante que même la lumière ne peut y échapper, d’où leur aspect invisible. Mais revenons-en à nos planètes !

Du fait de leurs proximités avec la Terre et de leurs orbites différentes, leur place dans le ciel change au cours des années. Certaines saisons ne sont alors plus propices à l’observation d’une planète.

Deux outils formidables !

Les images de cet article sont tirées en grande partie des logiciels Space Engine et Stellarium. Le premier est un puissant moteur virtuel simulant l’Univers de façon réaliste. Si vous avez une machine assez robuste pour le faire tourner, je vous conseille de l’essayer ! Quant à Stellarium, peut-être le connaissez-vous déjà ? Il s’agit d’un planétarium virtuel, une carte du ciel si vous préférez. Ces deux logiciels sont entièrement gratuits alors je vous encourage vivement d’aller y jeter un œil ! 😉


Le ciel est à vous ! Cette liste, bien que non exhaustive pour la saison, vous aidera dans vos premiers pas vers la découverte du cosmos. Pour le reste, soyez curieux !

Aussi puis-je vous donner un petit conseil quant à la recherche de vos cibles : ne sortez pas sans avoir téléchargé gratuitement la Carte du Ciel  sur votre smartphone ! Cet outil vous facilitera grandement la tâche une fois sur le terrain. 😉

Sur ce, j’espère que cet article vous a plu. Si tel est le cas, n’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux ! Pour toute autre question ou remarque, je vous invite à les poser dans l’espace commentaire.

Restez curieux !

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