IV. Dans l’obscurité de Mercure

Si vous avez manqué les dernières aventures de Vick et Layla, retrouvez-les ici ! Je vous invite à consulter “Mon curieux défi” si vous souhaitez découvrir cette aventure depuis le début.

La planète lune

Au-dessus du nez de l’appareil, la planète grossit peu à peu jusqu’à dévoiler sa taille dérisoire. Vick et Layla débarquent près de l’orbite mercurienne et se dirigent vers le petit astre gris éclairé par un gigantesque soleil.

– Tu vas enfin pouvoir te dégourdir les jambes ma fille ! Abaisse ta visière opaque, vu d’ici la lumière du Soleil est sept fois plus intense que depuis l’orbite terrestre.

Layla obéit et contemple la petite planète baignée d’une intense lumière.

– Cette planète… Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à la Lune.
– Tu dis vrai en de nombreux points, à commencer par sa taille à peine plus grosse que notre satellite naturel. L’atmosphère demeure aussi ténue et sa surface se trouve tout autant criblée de cratères.
– Aucun intérêt de s’y poser alors…
– Sois plus enthousiaste Layla. Les conditions aux abords de Mercure restent bien différentes de celles de la Lune.
– Qu’y a-t-il de plus à découvrir ?
– Les colonies ma fille. Après avoir terraformé Mars, l’Homme eut besoin de beaucoup d’énergie afin de se développer sur la planète rouge puis partout ailleurs dans notre système. Mercure étant la planète la plus proche du Soleil, des colonies se sont installées aux pôles en vue de récupérer d’importantes quantités d’énergies fournies par notre étoile, du fait de sa proximité.
– Pourquoi avoir choisi de coloniser simplement les pôles ?
– La vie aux pôles est moins difficile pour les colons. Durant le jour, l’absence d’atmosphère expose la planète aux températures et radiations mortelles du Soleil. La nuit, la chaleur s’échappe et laisse pour seule compagnie le vide glacial de l’espace. Cependant, le climat aux pôles reste plus abordable et varie peu.
– Est-ce la gravité qui n’a pas retenu l’atmosphère papa ?
– Pas exactement, Mercure renferme un noyau de fer aussi gros que la Lune. C’est la plus petite planète de notre système et reste la plus dense de toute malgré cela, ce qui lui confère la même gravité que Mars. Son atmosphère s’est tout simplement faite balayée par les vents solaires.
– Pourrons-nous visiter les colonies papa ?
– Je voulais justement t’y emmener. Je profiterai de l’occasion afin de réparer ce vieux tas de ferraille qui sommeille dans la soute.
– De quel “tas de ferraille” parles-tu ?
– Tu le sauras après l’atterrissage !

Le vaisseau approche des environs du pôle nord de la planète. Vick repère la petite colonie et se dirige vers les petits amas de bâtiments au sol. Sur le terrain poussiéreux de Mercure, la lumière rasante du Soleil étire les ombres jusqu’aux lointaines collines. Les contours des constructions se dessinent et révèlent d’innombrables bâtisses pas plus larges que des conteneurs. Une multitude de panneaux solaires se dressent sur chaque toit et une immense antenne culmine au centre du camp. Le commandant de bord prend contact avec le sol et obtient une autorisation d’appontage.

La surprise du chef

La navette se pose délicatement sur la plateforme dédiée et les moteurs se coupent à son contact.

– Layla, le sas arrière est décompressé. Ouvre-le et assure-toi que l’espace soit bien dégagé.

Tout excitée, la fillette rousse s’empresse de ranger les quelques objets encombrants le sas et déverrouille la porte en poupe du vaisseau. Par radio, Layla indique à son père que la voie est libre. A ce moment, la lumière orange des gyrophares illumine le sas et un signal sonore retentit. Au plafond, une imposante écoutille coulisse et de ses yeux écarquillés, la petite fille aperçoit un engin à six roues descendre progressivement sur le plancher.

– Layla, je te présente Exploreur ! C’est un rover d’exploration planétaire. Je l’ai négocié sur la station orbitale de Mars. Il est en bon état mais il manque la batterie, l’alternateur de puissance et une pièce du moteur nucléaire. Je pense pouvoir les récupérer sur ce camp, les colons utilisent toutes sortes de véhicules terrestres pour parcourir les plaines de Mercure.
– Il n’y a pas grand-chose pourtant ici… Les colonies sont-elles toutes aussi petites ?
– Elles sont organisées en plusieurs avant-postes afin de minimiser les pertes en cas d’attaques en tous genres. L’accès à la colonie mère reste interdit aux étrangers et seules les visites organisées sont autorisées. Je vais sortir le rover du sas puis nous irons chercher les pièces manquantes.

Vick grimpe dans le tout-terrain spatial et s’aide de la rampe du vaisseau afin de l’extraire du sas. Il serre le frein de parc puis sort du véhicule. Le commandant prend sa fille par la main et tous deux se dirigent vers l’accueil des pilotes. Au comptoir, l’hôtesse les salue puis Vick demande un accès au hangar de maintenance des véhicules. Elle lui fournit un badge puis leur indique le chemin à emprunter. Nos deux visiteurs parcourent les couloirs reliant les petits bâtiments modulaires et arrivent dans l’immense garage. Une rangée impressionnante de crossovers de l’espace occupe toute la longueur de l’entrepôt et sur quelques machines, des mécaniciens œuvrent aux réparations. Le commandant interpelle l’un d’eux et se renseigne sur un éventuel stock de pièces détachées. Le mécanicien s’éclipse quand cinq minutes plus tard, revient du magasin en tirant un chariot remplit d’organes mécaniques. Le pilote le remercie et achète la marchandise. De retour au vaisseau, Vick entame la pose des équipements.

– Layla s’il te plaît, prend le chariot et apporte-moi la caisse à outils.

D’une rapidité étonnante, la fillette rapporte les outils à son père.

– Merci ma fille, donne-moi le tournevis maintenant.

Vick met la pièce en position et tente d’insérer les boulons en vain.

– J’ai les mains trop grosses… Peut-être devrais-tu essayer, les tiennes sont plus fines. Regarde, il suffit de visser cette pièce…
– Comme ça papa ?
– Super ma fille ! Je vois que la mécanique n’a aucun secret pour toi… Bon, nous avons pratiquement terminé. Je m’occupe des derniers testes et nous pourrons y aller.

Balade nocturne

Exploreur fin prêt à parcourir Mercure, nos deux explorateurs prennent place à l’intérieur de l’engin. Vick démarre le véhicule et le sifflement discret du moteur se fait entendre. Les six amortisseurs du tout-terrain se gonflent et Layla sent la cabine se rehausser. Le commandant appuie sur la pédale d’accélération et la puissance du moteur entraine sans difficulté les six énormes roues du véhicule. Dans un nuage de poussière, les deux voyageurs s’éloignent à toute vitesse de l’avant-poste en direction du Nord de la planète.

– Où m’emmènes-tu papa cette fois-ci ?
– Nous allons jusqu’à la prochaine colonie vers le centre du pôle mercurien puis nous ferons demi-tour. Le terminateur nous plongera bientôt dans l’obscurité, hâtons-nous.
– Un terminateur ? Qu’est-ce que c’est ?
– On appelle terminateur la séparation entre le jour et la nuit d’une planète. Rouler de nuit sur un terrain pareil s’avère dangereux.
– Pourquoi ne pas attendre le lever du jour alors ?
– Un jour sur Mercure équivaut à 59 jours sur Terre et une année à 88 jours terrestres. Ta patience sera mise à rude épreuve ma fille !
– Mauvaise idée en effet…

Le rover continue son avancée dans les plaines sombres immaculées de cratères. Layla regarde par la fenêtre de la cabine et aperçoit au fond d’une excavation une immense plaque luisante.

– Papa, qu’est-ce qui brille en bas ?
– C’est de la glace, une des raisons pour laquelle nous avons colonisé les pôles. Au plus profond des cratères polaires, le sol obstrue les rayons du Soleil et la température reste négative. Ainsi l’eau demeure à l’état solide toute l’année.

Le crépuscule arrive à terme et la nuit gagne peu à peu la surface de la petite planète grise. Vick allume les phares du véhicule et une lumière rouge sombre baigne tout à coup l’intérieur de la cabine. Une ambiance nocturne s’installe dans le cockpit et le bruit du moteur berce doucement la petite fille. Ses yeux verts se ferment et son esprit s’évade. Ses rêves l’emportent dans une lointaine galaxie aux mille couleurs où le temps et l’espace forment un tout harmonieux lorsque brusquement, une violente explosion l’arrache de ses rêves. Une effrayante secousse malmène le véhicule et manque de le renverser quand celui-ci retombe brutalement sur le sol.

– Layla, tu n’es pas blessée ? Reste ici, je vais aller voir dehors.

Le commandant ouvre la porte arrière du véhicule et se lance à l’assaut des ténèbres terrifiants de Mercure.


Naviguer vers le prochain épisode !

Vous souhaitez aller plus loin ? Je vous propose d’approfondir vos connaissances grâce aux liens d’articles ci-dessous :

– La planète en détail

– Mission Messenger

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