5 choses à savoir pour bien choisir ses oculaires

Après avoir judicieusement fait le choix de votre instrument, vous pensiez être enfin débarrassé ? Et bien c’est raté ! Maintenant, il ne vous reste plus qu’à choisir vos oculaires, vous savez, le petit truc qui vient se glisser dans le porte-oculaire de votre lunette ou de votre télescope.

Normalement, lorsque vous achetez votre instrument, celui-ci est livré avec un ou deux oculaires de moyenne qualité en général. Bon, pour tâter le ciel ils suffiront amplement mais par la suite, c’est comme si vous utilisiez un appareil photo reflex muni d’un seul objectif… Cela devient vite redondant et limite le potentiel de votre instrument, quel dommage pour son avenir !

En tout cas ne vous en faite pas, le plus dur est derrière vous ! Si vous savez pour quelle raison vous vous êtes procuré votre instrument, alors vous n’aurez aucun mal à sélectionner les bons oculaires.

Interpréter ses caractéristiques

Avant d’aller plus loin, un oculaire concrètement, c’est quoi ? En gros, c’est une “mini” lunette astronomique. Evidemment, il ne s’agit là que d’une vulgaire comparaison mais dans l’idée, il est composé de lentilles qui permettront de grossir l’image que vous renvoie votre instrument.Oculaire 25mm

Ainsi, un oculaire a les mêmes caractéristiques qu’un instrument, à quelque chose près :

  • Un diamètre d (en mm)
  • Une focale f (en mm)
  • Un champ de vision noté champ apparent (CA en degrés)
  • Le relief de l’œil (distance entre l’œil et l’oculaire en mm)

L’oculaire en 2 formules

Outre le fait qu’il grossisse, l’idéal lorsqu’on utilise un oculaire est d’avoir un large champ de vision : c’est agréable et ça vous évite cette impression de regarder dans un trou de serrure. Il faut savoir que le champ apparent n’est qu’une donnée et diffère du champ réel de vision. Il y a donc deux petites choses à connaître pour déterminer l’utilité d’un oculaire:

  • Son grossissement G, qui se calcule facilement en divisant la focale du télescope par celle de l’oculaire :

Grossissement = F / f

Par exemple, avec un instrument de 900 mm de focale et un oculaire de 20 mm, le grossissement sera de 45 fois.

  • Son champ réel de vision CR, qui se calcule par rapport au champ apparent en le divisant par le grossissement :

Champ réel = CA / G

Par exemple, avec la même configuration que précédemment et en admettant un champ apparent de 50° pour l’oculaire, on obtient un champ réel de vision de 1°, soit deux fois le diamètre de la Lune (visuellement bien entendu).

Grossir, élargir, ou les deux ?

L’idéal est d’élargir son champ de vision au maximum puis de choisir un grossissement adéquat, mais comme à son habitude, tout dépend de votre budget… Malheureusement, on rencontre le même problème qu’avec le choix de votre instrument : plus vous voulez “gros”, plus vous paierez gros. Un oculaire procurant un grossissement de qualité et ayant un large champ de vision vous coûtera donc bonbon !

Il faudra donc encore une fois choisir entre planétaire et ciel profond, le mieux étant de s’équiper d’une série de 3 oculaires minimum si vous êtes touche-à-tout. Mais avant de vous détailler ces différentes gammes, vous devez être au courant des effets indésirables du grossissement.

Grossir, mais pas trop !

Sachez que plus vous grossirez un objet, moins il sera lumineux et plus l’image sera sensible aux turbulences, c’est-à-dire aux vibrations que peut engendrer l’instabilité de votre instrument. Gardez bien ceci en tête car c’est à ce moment que vous prenez conscience de l’importance de la qualité de votre matériel.

Bon, parlons sérieusement ! Après ce blabla de mise en garde, abordons le vif du sujet. Un oculaire se choisit donc en fonction de la pratique de l’observation mais également de votre instrument. Oui, je ne vous ai pas tout dit, mais…

… je m’explique !

Vous savez maintenant définir le grossissement d’un oculaire, c’est bien, mais suivant votre instrument, peut-être que celui-ci ne sera pas adapté par rapport à votre pratique. Alors comment faire ?! C’est très simple, nous allons associer pratique, instrument et oculaire comme ceci :

  1. Vous allez définir quel type d’observation vous souhaitez faire.
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  2. Ensuite, vous allez déterminer le grossissement adapté à cette pratique en fonction du diamètre votre instrument. Pour ce faire, il faudra multiplier ou diviser le diamètre D en fonction de la catégorie observée. Vous obtiendrez alors le grossissement adéquat selon votre télescope et le type d’observation. *
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  3. Il ne vous reste plus qu’à choisir un oculaire en calculant son grossissement.

Par exemple, vous optez pour du planétaire (1.) préférant des grossissements de 1,2 à 1,5 fois le diamètre de votre instrument (2.). Prenons le maximum, donc D x1,5 et un télescope de diamètre 100. Nous obtenons 100 x 1,5 ce qui nous donne un grossissement de 150 fois pour ce télescope en planétaire. Vous choisirez alors un oculaire dont le grossissement G sera de 150 (3.).

Un oculaire pour une catégorie *

Voyons pour terminer quels grossissements conviennent en fonction de la catégorie d’objets choisis :

  • Pour les objets étendus de ciel profond comme les nébuleuses, un grand champ de vision est indispensable et il faut un grossissement de D/3 ou D/4.
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  • Pour voir en détail les petits objets du ciel profond comme les étoiles doubles, il faut atteindre le grossissement maximal théorique de votre instrument, qui est de D x2 ou D x2,5.
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  • En planétaire, privilégiez les grossissements de D x1,2 à D x1,5. Le champ de vision ici n’est que confort supplémentaire.

Voilà pour les grossissements. Sachez que suivant la qualité le champ de vision varie, mais sans corrélation avec le grossissement. Gardez surtout à l’esprit qu’un grand champ de vision permet de faire ressortir un objet peu lumineux dans le ciel et de le pointer plus facilement.

Des oculaires de choix !

La qualité, justement parlons-en ! Il existe plusieurs critères afin de la déterminer et le premier est certainement le nombre de lentilles que comporte l’oculaire. Plus il en possède, plus son champ de vision est confortable. Ceux équipés seulement de deux lentilles se verront limités d’un champ de 40° maximum, c’est le trou de serrure assuré ! Pour repérer le nombre de lentilles dans un oculaire, cherchez sur le côté les initiales :

Au-delà, les coûts atteignent vite la barre des 100 euros. Malgré des prix justifiés par leur confort incontournable, je vous conseille de privilégier au départ ceux listés ci-dessus. Si vous vous sentez l’âme d’un explorateur aguerri, voici la crème des oculaires :

Les diamètres de références

L’autre indice renseignant sur la qualité, le voici ! Le diamètre de l’oculaire, autrement dit la partie venant se glisser à l’intérieur du porte-oculaire de votre instrument, est appelé coulant. Plus celui-ci est large, meilleur sera le champ de vision et plus grande sera la focale de l’oculaire.

Il en existe plusieurs sortes, les plus courants étant :

  • Les coulants japonais de 24,5 mm
  • Les coulants américains de 31,75 et 50,8 mm
  • Anciennement commercialisés, les coulants européens de 27 et 30 mm

Instrument versus oculaire

La dernière chose à savoir quant à l’achat d’un oculaire, est de ne jamais négliger la qualité au détriment du prix. En cela je ne vous apprends rien.

Je vous explique pourquoi : toujours en rapport avec votre instrument, si celui-ci possède un faible rapport d’ouverture, il sera beaucoup plus sensible à la qualité de l’oculaire choisit qu’un autre de rapport plus conséquent. Ainsi, un même oculaire de qualité pourra s’adapter sur tous types de télescopes ou lunettes quels que soit le rapport d’ouverture de l’instrument.

Voyez plutôt :

Un télescope Celestron avec un rapport de f/10 donnera de bonnes images malgré une piètre qualité de l’oculaire.

Un télescope Newton de rapport f/4 quant à lui vous procurera une image dégradée surtout en bord de champ avec ce même oculaire.


Après l’acquisition d’une lunette ou d’un télescope, le choix des oculaires est le deuxième le plus important que vous aurez à faire. Maintenant que vous êtes en mesure de vous équiper convenablement, j’ai une dernière chose à vous dire : à vos instruments !

Afin de vous faire une idée disons plus “visuelle” sur le choix de vos oculaires, je vous invite à consulter cette brochure. Elle aborde certaines notions ou équipements que je n’ai pas cités, mais ils feront l’objet d’autres articles. 😉

Partagez cet article s’il vous a plu, ainsi que vos troubles et expériences cosmiques dans l’espace commentaire !

Citoyennes, citoyens, restez curieux !

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