L’astrophotographie sans instrument : comment pratiquer ?

L’astrophotographie est une activité qui demande du temps, de la patience, des connaissances et un budget conséquent (c’est pas mal déjà…). Cependant, parmi les 5 façons de photographier le ciel, l’une d’entre elles est à la portée de n’importe quel appareil photo, de beaucoup de photographes patients et de presque n’importe quel budget ! Vous l’avez trouvé ? Evidemment, la solution est dans le titre : l’astrophotographie sans instrument. 😉

Si vous êtes déjà un fervent observateur du ciel nocturne et que vous êtes propriétaire d’un appareil photo, vous pourriez sans doute devenir astrophotographe ! Dans le cas contraire, si vous n’avez ni appareil ni connaissance du ciel, rein n’est perdu. Justement, il vous reste tout à découvrir et je vous garantis que vous allez en prendre plein les yeux !

Ensemble, nous allons voir comment pratiquer l’astrophotographie sans instrument, en commençant par aborder un sujet évident…

Le choix de l’appareil photo

Pour photographier le ciel, je vous ai dit qu’il fallait être patient, avoir des connaissances en astronomie et de quoi s’offrir un matériel souvent onéreux.

Pour la patience, je ne peux rien pour vous… Méditez peut-être ? En ce qui concerne les connaissances, il vous suffi de continuer votre lecture ! 😉 Au passage, si vous n’avez aucune notion de base en photographie, je vous invite à lire mon article sur l’exposition lumineuse ou encore à aller faire un tour sur l’excellent site Apprendre la photo.

Maintenant, parlons plus sérieusement et abordons en détail le type d’appareil adéquate à l’astrophotographie sans instrument. Il existe deux grandes catégories d’appareils : les compacts et les reflex.

Les appareils compacts

Cette première catégorie regroupe tous les appareils photo numériques (APN) équipés d’objectifs fixes, c’est-à-dire non interchangeables. Ils sont en général moins performants que les reflex et offrent des possibilités réduites concernant leurs modes d’utilisation. Cependant, ils peuvent aussi bien se prêter à l’astrophotographie sans instrument !

Le smartphone
astrophotographie sans instrument au smartphone
Un smartphone sur trépied a plutôt belle allure !

Dans l’idéal, si vous ne souhaitez pas dépenser directement dans un appareil photo et que vous débutez, le smartphone peut devenir un bon allié. Bien sûr, si vous n’en avez pas, inutile d’en acheter un pour faire de l’astrophotographie ! Optez directement pour un appareil photo ! 😉

Bref comme vous le savez, de nos jours les appareils photo embarqués de nos “téléphones” ne cessent de croître en performances. Même s’ils peuvent être équipés d’un objectif supplémentaire comme les “fish-eye” ou les “macro”, nous les considérerons aussi comme des compacts.

Il est donc possible de réaliser de belles photos du ciel avec un smartphone, moyennant quelques options supplémentaires :

Dans tous les cas, quel que soit le type d’appareil que vous utilisez, il vous faudra un trépied. S’il s’agit d’un smartphone, ce mini trépied peut largement faire l’affaire. Fourni avec une télécommande Bluetooth, vous aurez même la possibilité de le déclencher à distance ! Très utile afin d’éviter les vibrations et les bougés.

Objectif fish-eye pour smartphoneQuant à l’application photo, elle vous permettra de prendre le contrôle total de votre appareil photo. En effet, certaines applications installées de base n’ont pas de mode manuel, comme sur celles des iPhones et parfois même des téléphones Android. En soi, ce n’est pas très grave mais il faut savoir que les modes automatiques et l’astrophotographie ne font pas bon ménage

Voilà pourquoi je vous conseille d’installer gratuitement Open Camera si vous êtes propriétaire d’un Android ou ProCamera pour les détenteurs d’iPhones, application malheureusement payante.

En ce qui concerne l’objectif fish-eye, il vous offre une vue à 180° et vous permet de photographier la voûte céleste en entier.

Le compact

C’est le “mini-appareil photo”, celui qu’on emmène partout en voyage pour faire de jolis souvenirs. Adopté par le grand public, il allie compacité et simplicité car bon nombre de ses réglages sont automatiques et l’utilisateur n’a ainsi plus qu’à appuyer sur le déclencheur. Comme je le disais précédemment, en astrophotographie, seulement le mode manuel nous intéresse. Donc les APN compacts ne vous offriront pas les meilleures possibilités en matière de réglage.

Mais qu’ont-ils de plus que l’appareil photo de votre smartphone ?

Eh bien déjà, pour le même niveau de gamme, un compact possède un plus grand capteur, même si ce dernier reste relativement petit comparé aux APN reflex (nous verrons dans un prochain article l’importance de la taille du capteur 😉 ).

Ensuite, l’APN compact dispose d’un objectif quelque peu mieux adapté au zoom. Sur un smartphone, lorsque vous grossissez l’image, le zoom numérique prend vite le relais et l’image devient de plus en plus bruitée. C’est normal car il s’agit en fait d’un simple recadrage de votre image. L’objectif du compact permet au moins d’obtenir un réel grossissement.

Le bridge

Le bridge est un concept à mi-chemin entre le compact et le reflex numérique, d’où le terme “bridge” qui signifie “pont” en anglais. En gros, il vous donne accès aux réglages manuels des reflex tout en conservant une compacité maximum. Bien que l’objectif d’un bridge soit fixe, il offre un grossissement optique plus important encore que celui d’un compact.

Au niveau du capteur, rien de différent. Les compacts et les bridges sont pour ainsi dire “de la même famille” et restent dans la catégorie des “petits capteurs”. Après tout, on ne peut pas tout avoir !

Une dernière chose au sujet des bridges : ils ne sont pas adaptés pour être monté sur un instrument astronomique, à cause de leurs objectifs proéminents non interchangeables. Donc si l’astrophotographie vous passionne, évitez ce type d’APN car vous serez bridé par la suite.

Bien ! Dans ce cas, allons faire un tour dans la cour des grands ! 😉

Les appareils reflex

Ici pas de doute, vous êtes dans la catégorie se prêtant le mieux à l’astrophotographie ! Les APN de type reflex sont équipés d’un objectif interchangeable, ce qui permet de photographier tout type de scène. Ils sont souvent livrés avec un objectif zoom de taille moyenne, vous offrant une certaine polyvalence en matière de grossissement. Cependant il sera préférable de compléter votre arsenal par des objectifs plus spécifiques, comme les téléobjectifs par exemple, mais nous y reviendrons.

Pour terminer, les APN reflex vous feront bénéficier d’une liberté totale concernant le paramétrage de vos prises. Adieu les contraintes : polyvalence et performance sont au rendez-vous !

Le reflex

Grâce au mode manuel, vous aurez la possibilité d’agir entièrement sur l’exposition en contrôlant la vitesse d’obturation, l’ouverture du diaphragme et la sensibilité ISO. L’autofocus, qui consiste à faire la mise au point automatique sur le sujet, pourra aussi être débrayé afin de passer en manuel. Cela vous permettra de faire la mise au point correctement car quelquefois, l’autofocus fonctionne mal lorsque le contraste de la cible est faible par rapport au reste de la scène.

Là où les reflex battent les compacts est essentiellement dans le temps de pose : l’astrophotographie demande des temps de pose pouvant excéder la minute. Or, les compacts et les bridges proposent rarement plus de 15 secondes… Leur capteur étant trop petit, ils surchauffent et provoquent des images très bruitées (grains sur l’image).

Les appareils reflex bénéficient également de capteurs plus grands. Les conséquences ? Beaucoup moins de bruit sur l’image, des scènes plus contrastées et de meilleures perspectives, aussi appelé profondeur de champ (flou d’arrière-plan). En astrophotographie, seuls les deux premiers paramètres nous intéressent car les perspectives sont inexistantes pour nous (cibles trop éloignées). Voici les différentes tailles de capteur :

Le format APS-C est le minimum confortable pour pratiquer l’astrophotographie
La parenthèse RAW

Sachez aussi que les reflex, ainsi que les bridges, permettent de photographier au format RAW. Comme le JPEG, il s’agit d’un format d’image mais qui est brut. Je m’explique !

Avant de prendre une photo, votre appareil vous propose différents réglages comme certains effets, la luminosité, les couleurs, etc… Lorsque vous immortalisez le moment, votre appareil créé une image, bien souvent au format JPEG. Ce format est léger, ne prend pas de place et vous permet de stocker un grand nombre de photos dans votre appareil. Le problème est que ces images sont créées à partir de vos réglages et sont pour ainsi dire “figées“.

Le format RAW quant à lui se moque de vos pré-réglages et vous permet, lors du pré-traitement sur ordinateur, de modifier facilement les paramètre de l’image sans rajouter de filtres quelconques. C’est pourquoi il est (très) souvent utilisé en photographie.

L’hybride
Sur ce boîtier, l’absence d’objectif nous permet de voir le capteur full-frame de l’appareil.

L’APN hybride est un appareil disposant de tous les avantages d’un reflex, sans l’inconvénient du pois et de l’encombrement. L’autre différence entre ces deux appareils est que le reflex est doté d’un viseur optique et l’hybride d’un viseur numérique. Dans un reflex, la lumière entre par l’objectif et se reflète sur un miroir jusqu’au viseur. Lors du déclenchement de la prise, le miroir se lève afin que la lumière arrive jusqu’au capteur, situé derrière le miroir.

Dans un hybride, il n’y a pas de miroir. La lumière entre par l’objectif puis arrive directement au capteur. Ce dernier retransmet l’image soit sur un mini-écran situé dans le viseur, soit sur l’écran LCD de l’appareil photo. Voilà pourquoi l’hybride est plus compact qu’un reflex !

Alors selon les goûts et les couleurs, certaines ou certains préféreront la visée optique. Cependant, sachez que le viseur numérique possède un avantage : sa luminosité. Il sera forcément moins sombre qu’une visée optique, ce qui pour les photos nocturnes est un plus. 😉

Quelques suggestions…

Si les reflex et hybrides sont plus chers que les compacts, ils sont néanmoins plus performants car, comme le dit Laurent Breillat du blog Apprendre la photo, il vaut mieux un mauvais reflex qu’un bon bridge !

Honnêtement, le meilleur appareil photo est celui que vous utilisez. Mais si vous n’en possédez pas et que vous n’avez absolument aucune idée duquel choisir, en voici quelques-uns :

  • Le Canon 1000D, parfait pour débuter à moindre coût ! C’est un reflex, donc il possède toutes les options qu’il vous faut.
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  • Le Nikon D5300 ou le Canon 100D. Des appareils milieu de gamme bénéficiant d’une meilleure qualité de conception, que ce soit au niveau de l’ergonomie, de la qualité d’image,etc…
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  • Le Sony Alpha 7S, un appareil hybride haut de gamme réalisant des vidéos 4K pouvant très bien servir à l’astrophotographie. Bref, si votre budget n’est qu’un petit détail pour vous, je vous le conseille !

Il en existe d’autres évidemment et il vous revient d’enquêter sur celui vous convenant le mieux ! Si vous préférez aller faire un tour en boutique, posez ces questions au vendeur :

  • peut-on régler le temps de pose ?
  • y a-t-il la pose B (temps de pose illimité) ?
  • le retardateur est-il présent ?
  • peut-on régler la sensibilité ISO manuellement ?
  • un filetage est-il prévu afin d’installer des compléments otiques ?

Quels objectifs utiliser ?

Bien entendu dans ce paragraphe, nous parlerons uniquement des objectifs dédiés aux APN reflex et hybrides car je vous le rappelle, ce sont les seuls à pouvoir être interchangés.

Les aberrations visuelles

Tout d’abord, à quoi sert un objectif sur un appareil photo ? Eh bien c’est un peu comme votre œil : il va définir la qualité optique de vos photos. Si vous avez une mauvaise vue, votre vision sera alternée. Ça marche aussi pour l’objectif de votre appareil et les défauts suivant peuvent apparaître :

  • l’astigmatisme et la coma. Ces aberrations déforment les étoiles en périphérie du champ de vision. On parle alors de “piqué” ou de “résolution” de l’image, qui deviennent forcément moins nette.
    Saut de ligne
  • le vignetage. Celui-ci assombrit les bords de l’image.
    Saut de ligne
  • la distorsion. Elle déforme les lignes droites pour en faire des courbes mais en astrophotographie, on s’en fiche ! De toute manière, cette aberration n’est pas difficile à corriger au traitement de l’image.

    astrophotographie sans instrument
    Astigmatisme et vignetage s’intensifient à mesure que l’on s’éloigne du centre de l’image

Deux petits paramètres

Avant de continuer, il est important de connaître ce qui caractérise un objectif. En gros, comme sur un télescope, deux paramètres sont à prendre en compte : la focale et l’ouverture.

La focale de l’objectif

Les objectifs servent aussi à grossir l’image plus ou moins fort. Comme sur les instruments astronomiques, le paramètre définissant la puissance du grossissement est la focale, en millimètres. Plus elle est grande, plus vous verrez loin. A contrario, moins elle l’est et plus votre champ de vision sera grand. En astrophotographie sans instrument, sauf pour voir la Lune de prêt, on utilise en général des objectifs à courte focale afin d’embrasser la plus large portion du ciel étoilé.

L’ouverture du diaphragme

A l’intérieur de l’objectif se trouve ce qu’on appelle un “diaphragme”. Il s’agit d’un iris formé de petits volets mécaniques permettant d’ajuster la luminosité arrivant jusqu’au capteur. Là encore, l’ouverture peut être comparée à celle d’un télescope, sauf que celle d’un objectif d’APN est mobile. En photographie, elle sert à ajuster la profondeur de champ mais ici, nous n’en avons pas besoin.

En astrophoto, il nous faut le plus de luminosité possible, donc le diaphragme restera ouvert à son maximum. C’est pourquoi il faudra vérifier l’ouverture maximale de votre objectif, indiquée sur le corps de ce dernier comme telle : 1:3,5 par exemple et peut s’écrire f/3,5. Ici, l’ouverture maximale du diaphragme sera donc de 3,5.

Les types d’objectifs

Deux types d’objectifs sont à différencier :

  • les objectifs zoom. A l’aide d’une bague tournante située sur le corps de l’objectif, on peut faire varier la focale et ainsi, le grossissement. Sur l’objectif, le zoom est indiqué par sa focale la plus courte et la plus longue, comme 11-20 mm par exemple.
    Saut de ligne
  • les objectifs à focale fixe. Leur grossissement est fixe cependant, ils possèdent une ouverture plus importante et une qualité d’image supérieur dans les angles. Tout ce qu’il faut pour l’astrophotographie !
Objectif ultra grand-angle Samyang de focale 10 mm et d’ouverture maximale f/2,8

Ensuite, selon le grossissement qu’ils fournissent, les objectifs sont catégorisé de cette façon :

  • le grand-angles et ultra grand-angle, offrant un large panorama (focale courte)
  • l’objectif standard, celui fourni de base pour tout type de photo (focale moyenne)
  • le téléobjectif, il permet de voir des cibles lointaines de prêt, comme un télescope ! (focale longue)
  • le fish-eye, qui offre une vue à 180°

Pour photographier un ciel étoilé, le grand-angle, ultra grand-angle ainsi que l’objectif fish-eye sont les mieux adaptés. Les téléobjectifs quant à eux seront utilisés pour prendre des clichés de la Lune par exemple, ou quelques objets du ciel profond comme les galaxies.

Si vous avez un capteur full-frame 24×36, le grand-angle va jusqu’à 24 mm de focale. Quant au capteur APS-C, une focale dite “grand-angle” se trouve en dessous des 16 mm. Je vous l’avez dit, la taille du capteur compte ! Si vous installez un objectif pour capteur APS-C sur un full-frame, les bords de l’image seront noirs. Par contre, un objectif “full-frame” coûtera plus cher à l’achat…

Des suggestions ?

Attention ! Un objectif Canon n’ira pas sur un boîtier Nikon par exemple. Cependant, il existe des marques tierces proposant des montures pour chaque marque, donc vous ne serez pas cantonné à celle de votre boîtier. 😉 Les plus connues sont les marques Samyang, Sigma, Tamron et Tokina.

En astrophotographie sans instrument, vous utiliserez la plupart du temps des objectifs grand-angle ou ultra grand-angle, en voici quelques-uns :

  • le Samyang 10 mm f/2,8 affiché ci-dessus (Canon ou Nikon)
  • le Sigma 14 mm f/1,8 (Canon, Nikon ou Sony)
  • le Tokina 11-16 mm f/2,8 (Canon, Nikon ou Sony)
  • le Tamron 15-30 mm f/2,8 avec autofocus et stabilisateur, inutiles en astrophoto mais pour usage plus polyvalent (Canon, Nikon ou Sony)

Le budget n’est pas le même mais si vous préférez les marques des constructeurs, voici d’autres suggestions :

Que faire avec un budget serré ?

Dans ce cas, un dernier conseil quant au choix de votre équipement : privilégiez toujours la qualité optique au détriment de celle du boîtier photo. De nos jours, les composants électroniques comme les capteurs, se valent largement et offrent tous des résultats pour le moins satisfaisants. Comprenez qu’un appareil photo d’entrée de gamme doté d’un objectif de qualité donnera de meilleures images qu’un autre haut de gamme équipé d’un objectif douteux. De plus, un objectif vieillira beaucoup moins vite qu’un boîtier d’appareil : les progrès sont plus rapides côté électronique ! 😉

Quoi, les pixels ? Non sérieusement, il faut arrêter avec ça ! La résolution 4K permet d’afficher 4096 x 2160 pixels, soit 8,8 mégapixels. Nos appareils d’aujourd’hui dépassent tous cette résolution et nos écrans, eux, sont dépassés… parce qu’ils sont encore en Full HD (2 mégapixels) ou 4K ! Donc mis à part si vous aimez le montage photo, oubliez les pixels en folie avec un petit budget !

La méthode la plus appropriée en astrophotographie est de choisir :

  1. un appareil ayant un capteur de taille APS-C minimum
  2. un objectif de bonne qualité qui correspond à votre utilisation (paysage, portrait, macro… astro ? 😉 )

Comment utiliser son matériel ?

Une fois votre appareil photo muni de son objectif en main, il ne vous reste plus qu’à photographier le ciel ! Sauf qu’en fait, il va vous falloir quelques accessoires supplémentaires. Ceci dit, seul un d’entre eux est obligatoire pour l’astrophotographie sans instrument…

Le trépied

Il est nécessaire que votre appareil soit fixé sur un trépied car l’astrophotographie requiert des temps de pose excédant la seconde. Si vous essayez de photographier le ciel nocturne à main levée, vous aurez quelques mauvaises surprises… L’image sera soit trop sombre car vous aurez choisi un temps de pose trop court, soit elle sera floue car vous aurez bougé pendant la pose. Cet accessoire est impératif dès lors que vous photographiez une scène peu lumineuse.

Tous les APN sont munis d’une fixation située sous le boîtier de l’appareil. Il s’agit d’un écrou venant se visser sur la planchette surmontant la rotule orientable du trépied. Pour choisir un trépied, deux paramètres sont à prendre en compte :

  • la stabilité du trépied
  • le poids de votre appareil

Un trépied peu stable vacillera à la moindre brise et il serait dommage de devoir remplacer votre objectif après une chute de 1,50 m, voir l’appareil tout entier… La stabilité du trépied dépend de son poids : plus il est lourd, moins il serra sujet aux vibrations. Cependant, il vous sera possible de lester un trépied trop léger. Quant au poids l’appareil photo, il est à mettre en rapport avec celui du trépied.

Si vous avez un petit budget et un petit appareil, ce trépied peut vous convenir. Sa télécommande Bluetooth vous permettra de déclencher votre smartphone sans y toucher ! Sinon, je vous conseille plutôt un de ces trois modèles :

Avec la fonction retardateur

Un APN posé sur trépied est l’idéal pour réaliser des prises sans bouger. Mais alors comment déclencher la photo sans risquer ce bougé redouté ?

C’est là qu’intervient le mode retardateur ! Présent sur la plupart des appareils photo, cette fonction laissera le temps à l’ensemble de se stabiliser avant le déclenchement de la prise. A vous de régler le retard en fonction de la rigidité de votre trépied.

Si l’écran de votre appareil est tactile, vous aurez également la possibilité de déclencher la prise via celui-ci. Dans ce cas, un simple effleurement du doigt remplacera l’appui sur le déclencheur. Utile afin d’éviter les vibrations, il faudra tout de même y allez en douceur ! 😉

Il existe également des déclencheurs externes filaires ou infrarouges. Certains APN peuvent même être commandés à distance par un smartphone !

La pose B
Filets d’étoiles réalisés par Manuel Paul

Présent sur tous les appareils reflex et hybrides, le mode “Bulb” appelé aussi pose B vous permettra de choisir vous-même le temps de pose. Cependant, attention à ne pas trop en abuser !

Une pose d’une ou deux minutes compensera peut-être le manque de luminosité d’un astre mais augmentera également le bruit sur l’image à cause de la surchauffe du capteur. Il vous faudra également une monture capable de suivre le mouvement de la voûte céleste, sans quoi votre image sera bardée de petits filets d’étoiles.

En paramétrant les bons réglages

Outre la fonction “retardateur”, il va falloir paramétrer votre appareil pour la prise nocturne. Ces réglages sont donnés pour un APN reflex ou hybride et ne s’appliquent pas tous aux appareils compacts. Dans ce cas il vous suffira de sauter l’étape !

Voici comment conditionner votre appareil :

  • Choisissez le mode manuel M en tournant la molette de sélection des modes. Ce paramètre vous laissera une liberté totale sur les réglages.
    Saut de ligne
  • Veillez à ce que le flash soit désactivé, il est complètement inutile ici.
    Saut de ligne
  • Si votre objectif est équipé d’un stabilisateur d’image, mettez-le sur OFF. Votre appareil est sur trépied donc cette fonction est obsolète en astrophotographie sans instrument.
    Saut de ligne
  • S’il en est doté, mettez l’autofocus de votre objectif en manuel M. Il est préférable de régler manuellement la mise au point de l’image car l’autofocus ne fonctionne pas tout le temps lors de scènes peu contrastées.
    Saut de ligne
  • Sélectionnez le format d’image RAW (si impossible, le format JPEG de plus haute qualité). Ainsi, les paramètres de contraste, couleur, netteté et autres pourront être mijotés à souhait lors du post-traitement du fichier sur l’ordinateur. Par contre, faites attention à la sensibilité ISO ! Plus sa valeur est importante et plus le bruit apparaît sur l’image. Malheureusement aucun format, même le RAW, ne pourra y remédier…
    Saut de ligne
  • Si le format de l’image est en JPEG, positionnez la balance des blancs sur “lumière du jour” car en automatique, les couleurs ne resteront pas fidèles à la réalité.
    Saut de ligne
  • Baissez la luminosité de votre écran au minimum. Les écrans de nos appareils photo ont tendance à flatter le rendu de nos prises. Réduire la luminosité de l’écran évitera ce genre d’illusion, vos yeux seront moins éblouis et la batterie durera plus longtemps.
Voici comment se présentent les paramètres sur l’écran LCD
Sur le terrain

Une fois votre appareil monté sur trépied et correctement paramétré, il ne vous reste plus qu’à trouver une cible… Ou peu importe, commencez simplement par viser un coin sombre du ciel. Dézoomez au maximum, ouvrez le diaphragme à fond et positionnez la sensibilité ISO sur 400. Réglez ensuite le temps d’exposition sur 30 secondes puis faites la mise au point sur une étoile (n’hésitez pas à zoomer numériquement sur votre écran). Déclenchez la première prise puis ajustez, au fur et à mesure, la sensibilité ISO et le temps d’exposition afin d’obtenir l’image qui vous convient.

Ces réglages ne sont pas immuables, à vous de multiplier les expériences et d’être créatif ! 😉


Vous avez tout ce qu’il faut en votre possession pour commencer à libérer l’astrophotographe qui se cache en vous ! La prochaine fois, nous passerons en revue les différents types de sujets à photographier sans instrument.

En attendant, partagez et restez curieux ! 🙂

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4 Comments

    • Anthony

      Salut Laura,
      merci pour ton commentaire 🙂

      En effet, cette rumeur est vraie ! Les reflex Canon peuvent recevoir des filtres à clipser dédiés à l’astrophoto (les filtres Astronomik par exemple). Ces appareils sont également compatibles avec pas mal de logiciel permettant de les piloter (Prism, EOS Movrec, Astro Photography Tools…).

      Au niveau du capteur, il y a quelques années Canon donnait une meilleure qualité d’image en pose longue. Aujourd’hui, Nikon, Sony ou autres ont largement rattrapé leur retard.

      Je pense que Canon a largement fait ses preuves dans le domaine et qu’à petit et moyen budget, on s’y retrouve. Maintenant, je sais que Sony et Nikon ont su imposer leur suprématie, notamment avec le Sony A7s et le Nikon D810A (le A pour la version astro du Nikon). 😉

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