5 façons de photographier le ciel

En astrophotographie, il existe plusieurs façons de photographier le ciel et les objets qu’il abrite. Je ne parle pas des multiples techniques utilisées pour immortaliser un type d’objet précis, non… Mais bien de plusieurs façons de photographier un même objet. Cela veut dire que, suivant le matériel à votre disposition, vous serez en mesure de capturer à peu près tout et n’importe quoi !

En astrophotographie et même généralement en photographie, il faut savoir distinguer deux choses : la partie acquisition de l’image et la partie optique. En gros, la première partie comprend tout ce qui se trouve derrière l’optique, c’est-à-dire votre appareil photo ou votre caméra vidéo. La deuxième quant à elle, englobe tous les composants optiques venant interférer avec les rayons lumineux, de l’entrée du tube jusqu’au capteur de votre appareil numérique. Je parle bien entendu de votre instrument astronomique, de votre objectif photographique ou tout ce qui compose l’ensemble et c’est de cela dont nous allons parler ici.

Nous allons donc découvrir quelles sont les différentes façons de monter votre appareil derrière un ensemble optique, à commencer par le plus simple !

Photographier le ciel sans instrument

Comme je vous le disais, il s’agit de la manière la plus simple de photographier le ciel. Pour cela, il vous suffit de pointer le ciel avec un appareil photo, un smartphone ou même une caméra vidéo pour en tirer quelque chose. Cependant, la photographie du ciel nécessite quelques accessoires de base qu’il vous faudra acquérir sous peine de rater vos prises.

Avant de continuer, je tiens à vous préciser que la photographie du ciel sans instrument est une méthode qui mérite à elle seule un article entier. Il y a tant de choses à dire sur les types d’appareils, les objectifs et les sujets à photographier que le faire ici prendrait trop de temps. Je ne vous donnerais donc pas de références précises quant au choix de votre appareil ou de votre objectif dans cet article. Mais ne vous inquiétez pas, ça viendra ! 😉

Un boîtier et un objectif

Bon ici, rien de nouveau. C’est évident, pour photographier il vous faut un appareil photo ! Vous avez donc le choix entre :

  • le smartphone
  • le compact
  • le bridge
  • le reflex ou l’hybride

L’avantage de ces deux derniers est que vous pourrez changer le type d’objectif, pratique pour s’adapter au sujet photographié. Bien entendu, vous pouvez aussi utiliser une caméra vidéo, rien ne vous empêche de le faire ! D’ailleurs, ces cinq types d’appareils font aussi vidéo à l’heure actuelle.

APN hybride Sony Alpha 7

Pour les précisions, inutile de vous dire à quoi ressemble un smartphone… Mais pour les autres types d’appareils, je vous explique !

Le compact

Le compact est un appareil photo numérique (APN) à objectif fixe et tient généralement dans une poche. C’est évident, il est “compact”…

Le bridge

Le bridge quant à lui est un compromis entre le compact et le reflex, d’où son nom “bridge” qui signifie “pont” en anglais. Son objectif est fixe mais il permet d’obtenir de meilleures capacités optiques ainsi que d’apprécier quelques fonctions du reflex numérique, comme le mode manuel par exemple.

Les reflex et les hybrides

Les As de la photographie sont, par déduction, les reflex et les hybrides. Ils permettent une grande flexibilité due à leur objectif interchangeable et leurs multiples fonctions et réglages disponibles. Cependant, dites-vous bien que ce n’est pas parce que vous en possédez un que vos photos seront réussies à coup sûr ! D’un côté, il y a le matériel et de l’autre, le photographe qui doit apprendre à s’en servir. 😉

Pour les détenteurs de reflex ou d’hybride, voici les types d’objectifs qui vous seront utiles en astrophotographie :

  • le grand-angle et ultra grand-angle
  • le téléobjectif
  • le fish-eye

Les deux premiers servent à photographier de larges panoramiques tels que le ciel étoilé et sa Voie Lactée par exemple. Le téléobjectif fournit un champ de vision réduit mais offre un fort grossissement. C’est une mini-lunette astronomique en quelque sorte. Le fish-eye permet un champ de vision à 180°. Avec lui, vous ne raterez aucune portion du ciel !

Bien, c’est un premier pas ! Vous avez un appareil photo muni d’un objectif interchangeable ou non. Voyons le reste.

Le trépied

Sans cet outil, dites adieu à la photographie de nuit… Utile en astrophotographie comme en photographie ordinaire, le trépied est nécessaire afin d’éviter les images floues lorsque vous souhaitez augmenter le temps de pose. Si cette notion vous fait défaut, je vous invite à lire mon article sur l’exposition lumineuse. 🙂

Peu importe sa taille, tout ce qui compte est qu’il soit aussi stable que possible. En général, plus la hauteur augmente et moins il demeure stable, tout est une question de rapport poids / taille. Un trépied haut et léger s’envolera à la moindre brise ou du moins, les vibrations causeront un bougé sur votre image. Vous pouvez également le lester afin de gagner en stabilité.

Un déclencheur à distance

Pixel Timer Remote Control Wireless DC2 - Nikon
Déclencheur à distance sans fil pour Nikon

Maintenir votre appareil immobile grâce au trépied c’est bien, mais ensuite ? Il est évident que lorsque vous déclencherez la photo, vous provoquerez inévitablement une vibration sur votre appareil. Le problème est que, le temps que le tout se stabilise à nouveau, l’image sera déjà marquée par la vibration.

Une des solutions est d’activer le retardateur de votre appareil photo. Vous pouvez aussi vous procurer une télécommande filaire ou infra-rouge permettant le déclenchement à distance si votre APN ne permet pas le pilotage via un smartphone.

Comment photographier ?

Vous êtes donc en possession d’un appareil photo, d’un trépied et éventuellement d’un dispositif de déclenchement à distance. Bien, alors il ne vous reste plus qu’à mettre tout ça en place !

Ici, la méthode est simple : vous n’avez aucun moyen de suivre les étoiles donc il faudra opter pour des temps de pose assez courts, au risque de voir des filets d’étoiles apparaître sur l’image. Optez pour un objectif grand-angle au possible et ouvrez le diaphragme au maximum si votre appareil le permet. 10 à 30 secondes suffisent, pas plus ! Vous pourrez ainsi photographier de large portion du ciel étoilé. A vous d’être créatif ! 😉

La méthode dite “en parallèle”

Nous venons de voir qu’il était tout à fait possible de réaliser des clichés du ciel diurne ou nocturne sans instrument astronomique, simplement à l’aide d’un APN et d’un trépied. Mais le problème rencontré est que sans aucun suivi possible de l’objet ciblé, les temps de pose doivent être limités à quelques secondes tout au plus, au risque de voir apparaître sur l’image un bougé dû à la rotation terrestre. En conséquence, sans instrument de suivi, vous devez vous contenter des objets les plus lumineux du ciel ce qui en soi, est déjà pas mal ! 😉

JMI Telescopes Support photo en parallèle pour NexStar 5
APN monté sur un NexStar 5 via un adaptateur

Cependant, si vous êtes propriétaire d’un instrument astronomique équipé d’une monture équatoriale motorisée, vous aurez alors la possibilité de vous en servir afin de guider votre appareil photo. Pour cela, il vous suffit de le fixer sur le tube optique de votre instrument au moyen d’un adaptateur dédié, fourni ou en option. Il faudra bien sûr veiller à ce que le surplus de poids n’entraîne pas de déséquilibre au niveau de l’ensemble et que la monture soit assez robuste afin de supporter de lourds objectifs. Lors de l’installation, prenez garde que votre tube optique n’entre pas dans le champ de votre objectif, ce qui peut arriver s’il s’agit d’un objectif grand-angle.

Et sinon, pour photographier le ciel ?

Ainsi, en vous servant de votre monture motorisée, vous aurez la possibilité de choisir des temps de pose plus longs pouvant atteindre plusieurs minutes. Le téléobjectif pourra aussi être de la partie grâce au suivi ! Si vous en avez un compris entre 100 et 300 mm de focale, c’est bien, mais il faut que son ouverture soit la plus grande possible, comme en astronomie ! 😉 Donc quelle que soit la méthode utilisée, ouvrez toujours le diaphragme de votre appareil photo à son maximum pour collecter le plus de luminosité possible. Notez que pour garantir un cadrage plus précis, vous pouvez utiliser votre télescope en visuelle afin de garder la cible au centre de l’oculaire, les axes de visée de votre tube et de votre APN étant parallèles.

Le montage au foyer de l’instrument

Bon très bien, il est temps de passer aux choses sérieuses ! Vous trouviez que votre téléobjectif paraissait gros par rapport à votre appareil photo ? Il n’en est rien ! Sachez que fixé derrière un instrument astronomique, votre APN semblera ridicule…

Celestron Adaptateur T pour für NexStar 4, C90 Mak et C130 Mak
Adaptateur photo pour Celestron
Omegon Anneau T2, Canon EOS
Bague T2 pour Canon

Ici, il n’est plus question de se servir du tube optique comme support, mais bel et bien comme d’un énorme téléobjectif. Vous passez donc pour un télescope 102 / 1325 de 300 (le téléobjectif) à 1325 mm de focale ! Côté tube optique, une ouverture est prévue à cet effet à l’arrière de ce dernier. A l’aide d’un adaptateur photographique encore une fois, fourni ou en option, vous serez en mesure de faire la jonction entre l’APN et le tube.

Les caméras astronomiques se fixent directement sur l’adaptateur photographique grâce à un filetage prévu. Cependant, pour un APN reflex ou hybride, il faudra le munir d’une bague T2 afin de pouvoir visser l’appareil sur l’adaptateur.

Omegon Manchon T-2 sur 1,25
Manchon T2 pour porte-oculaire


Ce type de montage est valable pour les télescopes de type Cassegrain mais avec un Newton, vous devrez obligatoirement passer par le porte-oculaire. Ce montage est possible grâce à un autre adaptateur venant coulisser dans le porte-oculaire, à la manière d’un oculaire. Pour le reste, rien ne change : le porte-oculaire accueille l’adaptateur sur lequel vient se fixer la bague T2 puis l’APN. Ce montage est également possible sur tout type d’instrument et permet de régler plus facilement le cadrage de votre appareil. Le problème est qu’il accentue le vignetage, noirceur apparaissant sur les bordures et les coins des images.

Les systèmes grandissant et réducteur

En astronomie et astrophotographie, nous retrouvons deux domaines bien distincts : le planétaire et le ciel profond. Le premier nécessite de fort grossissements afin de percevoir les détails à la surface des planètes tandis que le second préférera un large champ de vision pour contempler de grandes nébuleuses et galaxies. Le problème, c’est qu’un instrument astronomique n’a pas de zoom et finalement, heureusement car celui-ci altère la qualité optique. Cependant, il existe plusieurs moyens de modifier la focale d’un instrument astronomique au moyen de quelques accessoires optiques.

Le foyer image

Mais avant de continuer, faisons un point sur le foyer image car je ne l’ai pas fait précédemment. Le foyer de votre instrument est l’endroit où se rejoignent les faisceaux lumineux après avoir parcouru le tube optique. Sa position varie suivant la focale utilisée et c’est à cet endroit que se forme l’image que vous observez. Donc si la focale de votre instrument augmente, le foyer recule et inversement si la focale diminue.

Différents foyers en fonction des focales

Système grandissant


TeleVue Lentille de Barlow 2x coulant 1,25L’outil le plus utilisé par les astronomes amateurs est sans aucun doute la lentille de Bralow. Elle a pour but d’augmenter le grossissement d’un oculaire grâce à un facteur d’amplification inscrit sur le corps de l’accessoire. Cependant, en astrophotographie, elle est souvent utilisée pour amplifier la focale de l’instrument, de la même manière que celle d’un oculaire. En faisant cela, elle modifie de la même façon le rapport F/D de l’instrument qui, rappelons-le, agit sur l’ouverture du tube.

Le tirage

Pourtant, il existe une légère différence entre l’utilisation d’une lentille de Barlow en visuel et en astrophotographie : le tirage. Il s’agit de la distance entre la lentille et le capteur. Si le tirage augmente de manière conséquente, une lentille de Barlow 2x peut passer à un grandissement de 2,5x par exemple. Préférez dans ce cas une lentille achromatique car jouer sur le tirage peut dégrader l’image. Quant au coulant de ces lentilles, les 50,8 mm sont réservés aux grands capteurs (24 x 36 mm). Le reste pourra se contenter d’un coulant de 31,75 mm.

Pour installer le tout, il faut réussir à intercaler la lentille de Barlow entre l’appareil et le tube. Pour les caméras astronomiques, je ne me fais pas trop de soucis. Par contre, il vous faudra peut-être un adaptateur à tirage variable pour interposer la Barlow entre un APN muni de sa bague T2 et le tube. Dans ce cas, la Barlow sera démontée afin d’être glissé à l’intérieur de l’adaptateur.

Système réducteur

TS Optics Réducteur de focale / correcteur f/6,3 pour télescopes SC
Réducteur de focale

A l’aide d’un réducteur de focale, vous aurez la possibilité de diminuer celle de votre instrument et ainsi gagner en champ photographié et en luminosité. Le réducteur fonctionne à l’inverse de la lentille de Bralow : il divise la focale au lieu de l’amplifier.

Par contre, attention à son utilisation ! Contrairement à la lentille de Barlow, le réducteur ne tolère que les plages d’utilisations indiquées ! Si vous jouez trop sur le tirage, il se peut que la mise au point ne soit plus possible. Il est donc à éviter avec les télescopes de Newton car la marge de manœuvre est limitée par la crémaillère.

En ce qui concerne l’adaptation, il s’agit des mêmes procédés que vu précédemment. Si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur ces deux accessoires, je vous invite à lire cet article.

Le montage en afocal

Brièvement abordé dans l’article mis en lien ci-dessus, je vais ici vous expliquer quelques petites choses en plus.

Tout d’abord, rappelons que cette méthode consiste à photographier un objet à travers l’oculaire de votre instrument. Elle s’avère d’autant plus pratique pour les appareils à objectif non interchangeable comme les APN compacts. Evitons de parler des APN de type bridge, ils sont bien trop volumineux et donc incompatible avec ce montage…

Il va donc falloir placer votre appareil de la même façon que vous le feriez avec votre œil puis, appuyer sur le déclencheur. Niveau cadrage, c’est pas le top… C’est pour ça que les revendeurs de matériels astronomiques proposent des adaptateurs !

Une fois réglé et l’objectif de votre appareil correctement aligné devant l’oculaire, il ne vous restera plus qu’à prendre de jolies photos. Vous pouvez aussi vous servir du zoom intégré à l’appareil (le zoom numérique est à éviter, il s’agit uniquement d’un recadrage de l’image…) afin de gagner en grossissent.

Quant à l’autofocus, vous pouvez également vous en servir à condition que l’objet photographié soit assez lumineux et aux proportions suffisantes. Dans le cas contraire, il n’accrochera pas votre cible.


L’astrophotographie est un univers aux multiples possibilités et je me doute que certaines ou certains d’entre vous tentent de les explorer. Si tel est le cas et que vous avez envie de faire partager votre façon de photographier le ciel, n’hésitez pas à le faire dans l’espace commentaire ! 😉

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Une dernière chose, restez curieux !

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